
2025-04-14 12:17:02
C’est la raison qui motive l’instauration de l’ADU par le Ministère de la Construction et de l’Urbanisme. La suppression de l’Attestation villageoise s’inscrit dans la volonté des autorités ivoiriennes de sécuriser le système foncier, mais cette démarche est mal accueillie par les autorités coutumières. Selon les responsables coutumiers, le ministère de de tutelle a manqué d’impliquer les responsables coutumiers dans les réflexions qui ont servi à la mise en place de la nouvelle attestation.
À en croire Akré Paul, président de la Commission foncière et immobilière à la chefferie du village d’Akwê Djémin, à Bingerville, les autorités villageoises ont été mises à l’écart. Elles ont découvert l’information comme tout le monde. « À ma connaissance, en tant que partenaire du Ministère de la Construction et de l’Urbanisme, nous n’avons pas été associé à cette prise de décision, ce qui fait que jusqu’à présent, on n’arrive pas à nous organiser », se plaint M. Akré. Pour lui, la mise en place de la nouvelle attestation n’a pas été faite comme il se devait : « Nous ressentons un peu de frustration, parce que quand on est en partenariat avec quelqu’un, avant de prendre une décision, il faut le consulter », fait-il remarquer.
Pour Aké Mikael, chef de Terre, aucune campagne d’information n’a pas été organisée en vue d’informer les villageois : « J’ai officiellement entendu parler de l’ADU à la télévision mais bien avant cela, c’est un frère du village qui m’en avais parlé. Je sais qu’elle remplace l’Attestation villageoise ».
Selon le chef de Terre, cette nouvelle mesure a été mise en place par l’Etat pour s’accaparer toutes les terres du pays. Comme M. Akré, Franck Amantcho Koutouan, fils du village d’Agban-Bingerville qui s’oppose à la nouvelle réforme, donne les raisons de son refus : « Nous ne sommes pas vraiment d'accord avec cette loi parce que ceux qui maîtrisent les terrains au niveau des villages sont les villageois et non le ministère de la Construction. Le ministère ne connaît pas les terres, il n’y a que les villageois et la chefferie qui connaissent toutes les parcelles », déclare-t-il. ;
Contrairement à la plupart des villageois qui refusent la nouvelle réforme, Constant Kobi Danho en est content. Pour lui, « l’ADU apporte réconfort et une lueur d’espoir. Elle permettra d’acquérir une parcelle sans craindre les doubles ventes. Sur ce point, je n’ai aucun souci avec l’ADU. Cependant, le ministère gagnerait à favoriser de vrais échanges avec les notabilités villageoises », conseille-t-il.
Les problèmes liés au foncier sont de tous ordres. Notamment le lotissement de terres sans l’accord des propriétaires terriens et la vente de parcelles avec pour seule document le droit de cession.