
2025-04-14 12:17:25
Dr. Jean Jacques AGBÉ, chef du village d'Akoupé Zeudji (photo Félicité DJAHA)
La différence fondamentale que je note, c’est la numérisation, le code QR et la sécurisation que porte l’ADU. Quant à l’Attestation Villageoise, elle porte soit les signatures du chef, du propriétaire terrien et/ou du lotisseur et c’est nous qui la produisons, contrairement à l’ADU qui sera produite par la tutelle, l'administration.
Nous sommes accusés de signer plusieurs attestations villageoises pour un même lot, ce qui n’est pas totalement faux. Mais ce n’est pas toujours la faute au Chef. S’il n’est pas vigilant, il peut être induit en erreur par l’opérateur lorsque celui-ci n’achève pas son travail. Et cela est, surtout, constaté quand on change de chef de village, avec la remise en cause des actes de l'ancien par le nouveau.
L’ADU a l’avantage d’être numérisé avec un numéro unique. Elle limite les magouilles. Mais nous restons prudents, car c’est une œuvre humaine, elle cache, certainement, des faiblesses et des failles.
On n’est pas contre l’institution de l’ADUC, ni contre son application. Mais lorsque les autorités prennent une décision de façon unilatérale et nous l’imposent, nous ne sommes pas d’accord. Nous, les chefs de villages Atchan et Akyé du District autonome d’Abidjan, avons la nette impression que le ministère de la construction veut contrôler ce qu’il nous reste, nos sources de revenus.
Que chacun reste dans ses prérogatives ! S'ils veulent s'ingérer dans notre domaine et sa gestion, qu'ils permettent que nous aussi nous nous ingérions dans leur domaine et leur gestion. Nous pensons que chaque partie doit gérer sa part. Il ne doit pas y avoir d’ingérence ou de d’interférence. Malheureusement, le ministère veut s’accaparer tous les droits, alors que le Chef du village a son expérience qu’il faut capitaliser.
Nous n'y avons pas été associés. De plus, la délivrance de l'ADU, elle est exclusivement faite par l'administration, le Ministère de la Construction, du Logement et de l'Urbanisme.
Entretien réalisé par
Félicité DJAHA