
2025-03-30 14:35:58
Littéralement définis comme de grandes caisses métalliques généralement utilisés pour le transport ou le stockage des marchandises, les conteneurs sont principalement aperçus dans les ports ou sur les bateaux. Leur utilisation en dehors de ces endroits est conditionnée par des textes, des lois et règlements. Pour qu’un conteneur se retrouve dans la rue ou dans un espace, tout commence donc l’obtention de l’autorisation de la mairie pour l’utilisation des conteneurs en magasin conventionnel. C’est donc au service de l’Urbanisme de la mairie de Koumassi que nous nous tournons. Tôt ce matin, M. Ago, le chef de ce service, nous reçoit avec amabilité et nous explique les procédures à suivre pour avoir un espace où installer un conteneur : « Avant tout, la demande d’autorisation doit est adressée directement au maire, ensuite au bureau technique qui me délègue à mon tour pour entreprendre une enquête de faisabilité ». Le rôle de son service est d’aller sur le terrain pour voir si cette demande est recevable ou si l’espace demandé par la personne est autorisable. « Ce qu’il faut savoir c’est qu’on n’installe pas un conteneur comme on le veut. L’espace doit respecter un certain nombre de règles liées à taille du conteneur ». De plus tout demandeur est informé que l’installation du conteneur est provisoire, « car l’Etat peut se saisir à tout moment de l’espace alloué pour des fins utiles », explique M. Ago.
Les avis contradictoires de la population et des utilisateurs des conteneurs : Un peu plus loin dans la commune de Treichville, aux environs de 10 heures, Kevin Lago, agent de sécurité, donne un avis différent : « Je ne pense pas que ce soit nécessaire de déclarer un conteneur à la mairie pour avoir l’autorisation de l’installer. Dès l’instant où le conteneur m’appartient, je peux le déposer où je veux. Sinon, les autorités municipales exigeront trop de paiement de taxes et d’autres redevances ». Comme Lago Kevin, certaines personnes jugent que « la mairie ne doit pas s’impliquer dans cette affaire ». C’est le cas de Mireille, vendeuse de nourriture dans un petit conteneur qu’elle déclare louer à 30 000 FCFA. « Moi, je ne sais pas s’il y a des autorisations à prendre. Je ne fais que louer ce conteneur pour mon commerce. Alors s’il existe des lois ou des règles à respecter pour avoir l’autorisation d’un conteneur, je n’en sais rien », affirme-t-elle.
L’ignorance des règles qui régissent l’utilisation des conteneurs en magasins semblent être observée par les simples locataires. Car, Elvis Kouamé, propriétaire de plusieurs conteneurs dans la commune de Yopougon, affirme connaitre ces règles tout en refusant de s’y soumettre à cause de la mauvaise expérience vécue avec des agents de la mairie, en estimant que la demande de déclaration de biens est un moyen d’escroquerie pour l’Etat. « Dans les débuts de mes activités j’ai dû déclarer mes conteneurs à la mairie pour éviter d’avoir des ennuis avec la loi. Malgré ça, je me suis fait déguerpir du terrain sous prétexte que mes conteneurs occupaient trop de places. Avant ça, les taxes tombaient à n’en point finir. Alors j’ai décidé de ne plus faire de déclaration d’installation de conteneur ».
Autre quartier, autre décor. A Anono, dans la commune de Cocody, nous rencontrons un ferronnier producteur de conteneurs dit préfabriqués. Ici, ce chef d’atelier a souhaité se confier sous anonymat : « Si un client est déjà en accord avec la mairie et a un espace pour poser son conteneur, moi je peux le fabriquer sans problèmes ». Et d’ajouter : « Pour moi, il n’y a pas de loi contre ça. Je veux dire que je n’en ai aucune connaissance ». Egalement sous anonymat, un des employés de l’atelier clame : « Nous autorisation de la mairie ou pas, c’est notre argent qu’on cherche. Tout ce qui concerne la loi n’est pas de notre ressort. On n’exige rien pour fabriquer le conteneur du demandeur » !
Les conteneurs continuent d’augmenter dans les rues du District Autonome d’Abidjan et risquent même de prendre la place des magasins conventionnels. Et en ce qui concerne l’avis de la législation sur ce sujet, il est clair qu’il est totalement faisable d’utiliser des conteneurs au détriment des magasins à condition que ceci ne porte pas atteinte au développement urbain.
Serena BASSINI
Urielle KOFFI et
Corneille COULIBALY
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Le conteneur, d’une époque à l’autre
Avant les années 1950, le terme conteneur existait déjà, mais il désignait des récipients de différentes tailles utilisés pour le stockage et le transport de marchandises. Ces conteneurs étaient souvent en bois ou en métal et manipulés manuellement. Des années 1960 à 1980, le mot conteneur a pris une nouvelle signification, celle d’une boite en acier standardisé conçu principalement pour le transport maritime des marchandises, adapté à la manipulation dans les ports et sur les navires.
De nos jours, le mot prend en compte l’apparition des nouveaux types de conteneurs conçus par nos ferronniers et artisans locaux. Bien que cette pluralité des conteneurs ait contribué à l’alimentation de l’économie locale, il est important de faire la distinction entre ces objets, afin de ne pas perdre de vue les spécificités qui caractérisent les vrais conteneurs maritimes fondamentaux dans le commerce international.
Elie BAKRA